
C'est Noël chez les pirates
F-F-F. Friedemann Friese, l'auteur de jeux allemands aux cheveux verts qui met des F partout dans ses jeux (dû à son nom), tel son tout nouveau Filou, Funkenschlag, Fiji, etc. Comme lui, j'ai choisi de parler de Jamaica de la même manière: Familial - Fun - Fénoménal.
Familial
Jamaica sort à point nommé, comme un film de Walt Disney avant les fêtes pour les familles. Gameworks, la jeune société d'édition Veveysanne du nounours vaudois Sébastien Pauchon nous livre J
amaica, le jeu de Noël familial par excellence. ) Le jeu est développé de la sorte que même les petits auront toutes les chances de battre les plus âgés. C'est, d'après moi, gage de qualité pour un jeu, si tout un chacun peut remporter la victoire sans devoir être un spécialiste acharné ou un fin stratège. Le jeu peut de plus se jouer à beaucoup, 6, ce qui est finalement assez rare dans les jeux, puisque la constellation usuelle est plutôt de 3-4. Autre atout du jeu, les règles s'expliquent en 2' montre en main, tout le monde les comprendra rapidement. Rappelons encore que les règles sont en 5 langues, et qu'ont peut voir une démo présentées par Gameworks ici.
Fun
A Jamaica on s'amuse. Même le thème est bien choisi: on joue des pirates qui veulent gagner une course autour de l'île de Jamaica. Avec la sortie des trois films des "Pirates des Caraïbes" Gameworks tape dans le mille.
On lance 2 dés, ce qui déterminera le nombre d'actions (un peu à la Yspahan, forcément), on choisit celui du matin et celui du soir, donc deux actions par personne par tour. La mécanique est ultra-simple. Selon la carte qu'on choisit, on gagne soit de la nourriture qui nous permettra de progresser dans notre périple, soit de l'or qui nous donnera des points de victoire à la fin, soit de la poudre à canon qui améliorera nos chances lors d'un combat (deux bateaux sur la même case), soit l'on avance ou recule d'un nombres correspondant de cases. Imaginez un jeu de l'oie en plu
s développé avec une interaction entre joueurs. Rajoutez à cela un côté "surprise" avec les trésors à tirer. Certains apporteront des points de victoire à la fin, d'autres des pouvoirs spéciaux, d'autres sont des trésos maudits qui enlèveront des points (à la Animalia). Oui, bien simple, et c'est fun. Vous l'aurez compris, Jamaica n'est pas un jeu de l'envergure d'un Caylus ou d'un Cuba. Ce n'est pas un gros jeu stratégique qui demandera longue réflexion, mais c'est un de ces jeux que l'on prendra en fin de soirée pour se détendre ou en tout début comme "apéro" avant d'attaquer plus "lourd".
Fénoménal
Ce qui marque à Jamaica avant tout, c'est son matériel phénoménal. Rares sont les jeux aussi beau. Les illustrations de Mathieu Leyssenne sont juste magnifiques, la boîte superbe, le thermoformé tellement pratique et bien pensé. Gameworks nous fait don d'un travail de développement hors norme. C'est à se demander pourquoi une telle qualité ne se retrouverait finalement pas partout dans les jeux de société: les cartes sont superbes, les règles originales et intégrées au thème (une carte au trésor), le plateau est riche de détails et chamarré; même les pièces, des bateaux, sont jolis. Le jeu est tout simplement magnifique ! L'un des plus beaux sur le marché. En cliquant ici vous verrez toutes les cartes mises bout-à-bout et formant une petite histoire.
Dommage
Avec toutes les éloges ci-dessus, reste toutefois un point négatif à présenter. Dommage que Jamaica ne soit vraiment fun qu'à beaucoup. A moins de 4, on ne s'amuse pas tellement
. Le sel du jeu (puisque cela se passe en mer...) provient des combats, simples, fun. Si l'on joue à moins de 4, il n'y a pas beaucoup d'interactions, voire pas du tout. On peut y jouer à 2, avec une règles spéciale avec un bateau fantôme (un peu à la Ys où l'on rajoute un 3e joueur virtuel). Mais finalement on pourrait tout autant prendre plusieurs bateaux par personne pour remédier au problème. A 5-6 le jeu prend toute son ampleur.
Petit historique du jeu
Jamaica a été créé par Sébastien Pauchon, Malcolm Braff et Bruno Cathala (déjà co-auteurs d'Animalia). Gameworks n'est pas une maison d'édition "normale" puisqu'elle ne fait que publier les propres jeux de leurs "employés", et toujours commandités par une société tierce. Exactement comme pour Animalia, Jamaica est une commande d'Assura, assurance maladie suisse. En effet, pour fêter leurs 30ans, Assura a engagé Gameworks pour qu'ils leur créent un jeu, principalement réservé à leurs assurés. Petite anecdote, tous les visages des pirates représentent les pontes de l'assurance, retouchés par l'illustrateur.
Le jeu n'est pas encore officiellement distribué dans les magasins. Certains en ont toutefois reçus personnellement et directement de Pauchon. Le seul moyen de s'en procurer à l'heure actuelle est d'être suisse, membre d'Assura ou connaître quelqu'un qui serait suffisamment gentil pour vous en prendre un.
: le jeu vient ENFIN de sortir dans les magasins, mais attachez-vous bien, le prix est exorbitant, pas moins de 40 euros !!! Alors que nous pouvons l'avoir en Suisse en étant assuré pour un maximum de 22... C'est le distributeur Swissgames (et également éditeur de Mr Jack, Hurricane) qui le distribue. Ils ont bien compris le filon, Jamaica va s'arracher comme des petits pains. Mais à ce prix-là, quand même, c'est de la piraterie (ça colle au moins bien au thème).
Gameworks ne prend de plus pas trop de risques, puisque tous les frais de création et développement ainsi qu'une partie de la production ont été pris en charge par Assura qui les a engagé, donc c'est tout bénéf pour les éditeurs.
Site de l'illustrateur

Site de Gameworks

Site d'Assura (oui, pub, pour les remercier d'avoir engagé les auteurs et finalement nous offrir la possibilité de jouer à un jeu d'une telle qualité)
