Evidemment, il devait y avoir du "ys" avec Ystari...
Ystari va éditer le nouveau jeu du nounours vaudois Sébastien Pauchon, l'auteur d'Yspahan, Animalia et du récent Jamaica.
Ca s'appelait d'abord Oklahoma, le proto du jeu avec lequel l'auteur a gagné le prix de Boulogne-Billancourt en 2006 (infos ici). Ystari a décidé d'éditer le jeu, en l'appelant ensuite Parys.
Ca va finalement s'appeler Metropolys. Et devinez la bonne nouvelle ? C'est à nouveau Mathieu Leyssenne qui s'y colle pour les illustrations. On ne change pas une équipe qui gagne, et il y a fort à parier que le jeu sera aussi beau que Jamaica, comme on peut déjà le voir ici avec la couverture de la boite.

Dans Metropolys, un jeu pour 2 à 4 joueurs, durée de 30-45 (format plutôt habituel chez Ystari), les joueurs vont devoir contrôler des quartiers pour gagner des points, mais le jeu est à objectif secret (comme Kat ;-) ), puisque vous recevez en début de partie une carte secrète vous indiquant vos objectifs à poursuivre et révéler à la fin.
Chaque joueur possède une réserve de bâtiments, de trois étages différents, avec des valeurs différents inscrites dessus. Quand un joueur en place un dans un quartier non-occupé, le joueur suivant peut en prendre un plus grand de sa réserve et le placer dans un quartier adjacent, ou passer son tour. Le système d'enchères et de placement continue jusqu'à ce que tous les joueurs passent leur tour sauf 1. Ce joueur retourne son bâtiment et marque ainsi son contrôle du quartier. Tous les bâtiments non-retournés des autres joueurs le leur sont rendus. Le jouer qui a remporté la manche commence le prochain tour. Le jeu s'arrête quand un joueur n'a plus de bâtiments.
Comme vous l'avez compris, Metropolys est un jeu d'enchères et de placement, rien de très original jusque là, mais avec le fun de l'objectif secret puisque vous ne savez pas ce que les autres doivent accomplir pour obtenir des points.
Moins complexe que Caylus ou Amyitis, Metropolys semble être un jeu plus léger au niveau des règles, mais bien tendu et méchant puisqu'on devra tenter de deviner l'objectif des autres, tout en essayant de dissimuler le sien, afin de contrecarrer leurs plans.
Metropolys devrait sortir pour le printemps 2008.
Mise à jour de l'article, 28.2.08 :
D'après Cyril D, le patron d'Ystari, le jeu sort officiellement fin-mars. Les règles sont d'ailleurs dispo sur leur site depuis quelques jours.
Une polémique enfle sur TricTrac et avec la critique de Bruno Faidutti sur son site ici, polémique tellement grandissante que Bruno a dû se justifier dans un édito, ici. Il faut dire que les illustrations du plateau sont criardes / psychédéliques / 70s, pas au goût de tous.Marrant, après un Amyitis au design terne et morne, voici Metropolys, funky ! Les goûts et les couleurs... On est loin d'une ligne épurée mais soignée de Jamaica du même illustrateur.
Après lecture des règles, on constate que Metropolys est en jeu simple, qui présente deux variantes (bien que les règles précisent qu'il ne s'agit pas de deux variantes mais de deux jeux vraiment différents. Quoique), une familiale, légère, et une experte. La familiale serait réservée à un public plus jeune, l'experte étant plus évoluée, sans être complexe.
Les mécaniques sont ultra-galvaudées, enchères, placement, objectifs secrets, majorité, mais comme d'habitude avec Ystari et Pauchon, le tout colle parfaitement bien. N'attendez pas la révolution de l'année, mais un bon jeu de gamme moyenne. Il est fort à parier que Metropolys sera nomminé pour nombreux prix ludiques ces prochains temps. Pauchon sera d'ailleurs en compétition directe avec... Pauchon, puisque son Jamaica cartonne également (critique ici), ses deux jeux vont certainement se retrouver au box-office ludique de 2008.
Un clin d'oeil, dans les règles de jeu avec la règle / carte du -2 des sites archéologiques qui emm... tout le monde et qui ralentissent la construction des bâtiments. Ironique de constater que l'art et la culture dérange l'économie. Est-ce un signe de la situation ludique actuelle ? Favoriser le marché contre la culture ? Est-ce une boutade de l'auteur / éditeur ? Connaissant la situation professionnelle de l'auteur, on peut en douter, lui qui préfère jouer et développer des jeux plutôt que de se trouver un job derrière un bureau... :-)
Quoiqu'il en soit, la règle est bien maline puisqu'il faudra se passer la carte à chaque fois qu'on récoltera un jeton "site archéologique", sorte de "patate chaude" qui comptera en négatif uniquement à la fin du jeu et à celui qui la recevra en dernier. Bravo à l'auteur et/ ou aux testeurs d'avoir développé cette règle.
Site du talentueux illustrateur :

Site de l'auteur :
www.pauchon.com
Site de l'éditeur, règles du jeu y comprises :
